Je me présente ; mon nom est Wil Clavien, maman de Gaëlle (92) et Axel (95 - diagnostique : troubles d'autisme), et j’ai fait une thérapie de jeu avec Axel, et 9 bénévoles, à la maison.
Après avoir lu plusieurs livres (en anglais) de Barry Neil Kaufman, j'ai suivi - en janvier 1999 - un stage d'une semaine en Hollande, avec environ 200 parents, afin d'apprendre comment entrer en contact avec notre fils. Plus tard, en juillet 1999, j'ai suivi un cours de perfectionnement pendant une semaine, à Londres.
Axel ne savait dire qu'une dizaine de mots à moitié, "jouait" uniquement seul et fuyait les gens, regardait des objets de près, faisait quotidiennement des crises de frustration, et il y avait beaucoup d'endroits où il avait peur tout d'un coup. Il avait une compréhension du langage limitée et très lente, peu de contact visuel. Je ne pouvais que rarement l'habiller le matin et encore moins lui couper les cheveux.
Après plus d'une année de jeu intensif (25 à 30 heures par semaine), Axel disait déjà plus de 800 mots, spontanément et à bon escient, d'abord des mots isolés, et peu souvent, progressivement plus de phrases de 3 ou 4 mots. Son contact visuel a augmenté d'environ 50%, et son envie de communiquer était très claire. Au bout de plusieurs mois, j’ai pu l'emmener presque partout et il a adoré jouer avec tous les bénévoles qui ont chacun apporté leur propre couleur. Sa courbe d'apprentissage a monté en flèche, il a commencé à poser des questions, il n’a cessé de nous étonner…Qu'est-ce qu'on a fait exactement ?
1. Un des fondements dans la thérapie par le jeu interactif est le non-jugement et l'acceptation de notre enfant là où il est. Ce qu'il est ou fait n'est jamais faux, et on essaie de le comprendre et de l'aider. Est-ce que vous aviez envie de changer si vous sentez la désapprobation de l'autre ? Le fait d'accepter notre enfant là où il est, n'exclut pas la volonté ou le rêve de vouloir mieux pour lui ; au contraire ; l'espoir est un puissant moteur !
2. L'enfant avec des besoins spéciaux est un don…qui nous met au défi de trouver un moyen d'être là de la façon la plus aimante et encourageante qui soit et ainsi d'apprendre à exprimer nos ressources les plus puissantes et humaines…
3. Les parents sont la meilleure ressource pour l'enfant ; en effet, ne sommes-nous pas les spécialistes de notre enfant ?
4. L'enfant est le guide et nous montre un bout du chemin dans son monde. Le parent, le bénévole devient initialement l'étudiant de son monde…l'observer, apprendre, stimuler, le soutenir et l'aider avec une attitude bienveillante de non-jugement. Aller dans son sens et le suivre là où on peut mène à plus de motivation pour l'enfant afin d'explorer et se développer, et tout cela dans l'enceinte d'une salle de jeu (chambre à coucher convertible!). Et une fois que le contact est là, on peut construire…et amener du cognitif !