Pourquoi dans une salle de jeu ? On voudrait proposer à l'enfant un endroit où il peut explorer et jouer en toute sécurité, où l'on n'a pas besoin de lui dire "non". Dans la salle de jeu, tous les jouets/jeux sont placés en haut sur des planches ; l'enfant a donc besoin de notre assistance pour avoir ce qu'il veut: quelle belle opportunité pour avoir une interaction ! La pièce en question doit être libre de toute "distraction" (posters, décorations).
Image : l'autisme est comme si je vous donnais une flûte dans les mains et que je vous mettais au milieu d'un orchestre en vous demandant d'apprendre à jouer ….voilà pourquoi la salle de jeu : pour avoir l'isolement.
Mais comment cela se traduit dans le jeu, qu'est-ce qu'on fait exactement ?
Après avoir lu différents livres sur la thérapie par le jeu interactif, j'étais curieuse, et avant de m'engager plus loin, j'ai voulu essayer quelques trucs. Je me suis mise à plat ventre avec lui autour de son garage où il jouait de façon exclusive avec une voiture, à monter et descendre. J'ai fait la même chose que lui, en essayant de le ressentir, mon visage à la hauteur du sien. Quelle ne fût pas ma surprise d'obtenir un regard spontané de sa part au bout d'un quart d'heure ! Quelle fête ! Et ma joie était encore plus grande quand dans l'après-midi il venait me chercher pour me tirer vers le garage ! Du jamais vu !
On a joué avec lui, en suivant sa motivation à lui, en grandissant nos réactions, notre visage toujours à la hauteur du sien afin de capter son regard et de le féliciter pour chaque regard, mot ou geste. On a fait semblant de ne pas voir quand il crachait, rien dit quand il nous tapait ou nous faisait mal autrement, en nous distançant bien sûr (on n'est pas masochiste !) Après plusieurs mois de provocation (= tentatives de chercher contact) sous toutes ses formes, c'était tout à coup fini ! Dans les moments où il nous sollicitait, on a sauté sur l'occasion pour lui "quémander" quelque chose, un mot ou un regard, sans le chantage, car cela reste un jeu ! Et cela a marché !
Au fil des semaines j'ai vu grandir sa compréhension de notre monde, et sa volonté d'y participer. Au fil des mois, j'ai vu de moins en moins de jeu exclusif, de plus en plus d'interaction, d'ouverture. Des peurs qui ont gentiment disparu, des "habitudes" qui ont disparu au profit d'autres "sécurités" moins limitées ou limitantes. Au fil des trimestres, j'ai vu grandir son vocabulaire et en plus son amour pour la communication ! Au fil de l'année je l'ai vu acquérir plus de confiance en lui-même et repousser les limites de son autisme…!
Bien sûr, il y a eu aussi des moments où tenir la motivation était plus difficile, surtout au début, quand il pleurait pendant 30 minutes avec notre premier bénévole, quand il crachait sur les gens, ou refusait de jouer. Et on a appris aussi à rester sereins dans ses moments-là, de garder courage et espoir.
Pour tous les parents d'enfants avec un défi au niveau de la communication, je vous invite à regarder aussi le site Internet de l'Option Institute ou le site de Growing Minds. Il y a des cours qui sont organisés en Europe, qui valent vraiment la peine et qui nous montrent un bon bout du chemin …vers le cœur et les yeux nos enfants.
En tous cas, pour nous cela a changé énormément notre quotidien avec notre fils, et si mon témoignage peut vous apporter la même chose, ou si vous avez des questions sur notre vécu avec Axel, en tant que maman je me ferai un plaisir d'échanger nos expériences ou de discuter avec vous.